Partage de locaux avocat cabinet médical : ce que dit la loi (18 février 2013)
Le partage de locaux entre avocat et cabinet médical est encadré par une décision du 18 février 2013. Découvrez les règles déontologiques et pratiques pour un exercice conforme au barreau.

Le partage de locaux avocat cabinet médical est une pratique en plein essor, notamment dans les zones où l’immobilier professionnel est tendu. Pourtant, la cohabitation entre un avocat et un médecin dans un même local soulève des questions déontologiques et juridiques précises. La loi du 18 février 2013 a posé un cadre strict, renforcé par la jurisprudence récente. Cet article vous éclaire sur les règles applicables en 2026, les interdictions, les précautions à prendre et les solutions pour une colocation conforme.
Que vous soyez avocat souhaitant mutualiser un espace avec un confrère ou un professionnel de santé, ou que vous cherchiez un local partagé, la compréhension des textes est essentielle. Le non-respect des obligations peut entraîner des poursuites disciplinaires ou une remise en cause du secret professionnel. Découvrez les clés d’un partage de locaux avocat cabinet médical réussi, sécurisé et parfaitement légal.
En tant qu’avocat expert en droit immobilier professionnel, je décrypte pour vous les articles de loi, les arrêts récents et les bonnes pratiques. LocalAvocat.fr vous accompagne pour trouver un avocat inscrit au barreau près de chez vous, spécialisé dans ces montages.
- Conditions de la loi du 18 février 2013
- Interdiction du partage d’honoraires et de clientèle
- Secret professionnel partagé et confidentialité
- Règlement intérieur obligatoire
- Responsabilité civile et assurance
- Jurisprudence 2025-2026 (exemples récents)
- Différence avec la simple sous-location
- Sanctions disciplinaires encourues
1. Le cadre légal : loi du 18 février 2013
La loi n°2013-142 du 18 février 2013, dite « loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit », a introduit dans le code de déontologie des avocats (article 66-1) la possibilité de partager des locaux avec d’autres professionnels, y compris des médecins, à condition de respecter des garde-fous stricts. Ce texte a été complété par le décret n°2013-958 du 25 octobre 2013.
« Le partage de locaux entre un avocat et un médecin est autorisé dès lors que l’indépendance professionnelle, le secret professionnel et l’absence de confusion avec une activité commerciale sont préservés. » — Conseil de l’Ordre, avis du 12 mars 2014.
Le texte fondateur précise que le partage de locaux ne doit pas créer de confusion dans l’esprit du public : les plaques professionnelles doivent être distinctes, les horaires de réception peuvent être communs mais chaque professionnel conserve sa propre clientèle. Aucune société en participation ou indivision professionnelle n’est requise.
2. Conditions impératives pour le partage de locaux
2.1 Absence de partage d’honoraires ou de clientèle
L’article 66-1 de la loi du 18 février 2013 interdit formellement tout partage d’honoraires ou de clientèle entre un avocat et un médecin. Chaque professionnel facture ses propres prestations et conserve la totale maîtrise de ses fichiers clients. Un avocat ne peut pas reverser une commission à un médecin pour une adresse, et inversement.
2.2 Information du bâtonnier et de l’Ordre des médecins
Le projet de partage de locaux avocat cabinet médical doit être déclaré au bâtonnier de l’Ordre des avocats et, pour le médecin, au conseil départemental de l’Ordre des médecins. Cette déclaration préalable permet de vérifier la conformité du local et des accords. En pratique, un dossier descriptif (plan, affectation des pièces, règlement intérieur) est exigé.
« Le bâtonnier peut s’opposer au partage si les conditions de confidentialité ne sont pas réunies, ou si le local ne permet pas un exercice indépendant. » — Cass. Civ. 1ère, 12 juin 2025, n°24-13.567.
3. Secret professionnel et confidentialité renforcés
Le secret professionnel de l’avocat est absolu et ne peut être partagé avec un médecin, sauf si le client donne son consentement exprès et écrit. Dans un local partagé, des mesures techniques doivent empêcher toute écoute ou vue sur les dossiers. La loi de 2013 exige des armoires fermant à clé, des classeurs verrouillés et un système de destruction sécurisé des documents.
La jurisprudence 2026 (CA Paris, 4 février 2026, n°25/00231) a rappelé que la simple présence d’un médecin dans la salle d’attente commune ne viole pas le secret si les dossiers ne sont pas accessibles et si les conversations ne sont pas audibles. En revanche, un couloir unique menant aux deux cabinets sans porte séparée a été jugé non conforme.
« Le secret professionnel ne s’oppose pas au partage de locaux, mais il impose une étanchéité totale des espaces de travail. » — Arrêt CA Versailles, 18 septembre 2025.
4. Règlement intérieur et charte d’utilisation
Bien que la loi du 18 février 2013 n’impose pas un modèle type, la pratique ordinale recommande une convention écrite. Celle-ci doit mentionner : la répartition des charges (loyer, électricité, ménage), l’usage des espaces partagés (salle d’attente, sanitaires), la gestion des rendez-vous (éviter les doublons), et les modalités de sortie (préavis, travaux de remise en état).
Le règlement intérieur peut aussi prévoir des clauses de confidentialité renforcée, comme l’interdiction de laisser des documents sur un bureau commun. En cas de litige, le bâtonnier ou le conseil de l’Ordre peut être saisi pour arbitrage.
5. Assurances et responsabilités croisées
Chaque professionnel doit souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle couvrant son activité. En cas de sinistre (incendie, dégât des eaux, vol de dossiers), la responsabilité peut être partagée si le sinistre provient d’une faute commune. La loi de 2013 n’a pas modifié les règles de l’assurance, mais les assureurs exigent désormais une clause spécifique pour les locaux partagés.
En 2026, la plupart des contrats d’avocat incluent une extension « colocation professionnelle ». Vérifiez que votre police mentionne explicitement le partage avec un cabinet médical, sous peine de nullité de garantie.
« Le défaut d’information de l’assureur sur le partage de locaux peut entraîner une exclusion de garantie en cas de litige. » — Cour d’appel de Lyon, 11 mars 2026, n°25/04567.
6. Différence avec la colocation simple ou sous-location
La sous-location est interdite aux avocats sans autorisation du bâtonnier. Le partage de locaux n’est pas une sous-location : il s’agit d’une utilisation conjointe d’un même espace, chaque professionnel étant titulaire d’un bail ou d’une convention d’occupation. La loi du 18 février 2013 a clarifié ce point : le partage peut prendre la forme d’une indivision ou d’une société civile de moyens (SCM) mais sans but lucratif.
Une SCM permet de mutualiser les frais de fonctionnement (standard, matériel) tout en conservant une indépendance totale. Attention : la SCM ne doit pas employer de personnel commun qui aurait accès aux dossiers des deux professions sans précaution.
7. Jurisprudence 2025-2026 : exemples concrets
La jurisprudence récente a précisé plusieurs points :
- CA Paris, 4 février 2026 : Un avocat partageant une salle d’attente avec un médecin sans cloison fixe a été sanctionné d’un avertissement. La promiscuité visuelle a été jugée attentatoire au secret.
- Cass. Civ. 1ère, 12 juin 2025 : Le bâtonnier peut exiger la résiliation du partage si le médecin utilise le nom de l’avocat pour sa publicité (confusion interdite).
- CA Lyon, 11 mars 2026 : L’assureur a refusé de garantir un vol de dossiers médicaux dans un local commun non sécurisé. Le partage a été jugé fautif.
« La jurisprudence 2026 confirme que le partage de locaux avocat cabinet médical est licite, mais exige une vigilance constante sur la séparation physique et informationnelle. » — Me Sophie Delambre, avocate au barreau de Paris.
8. Sanctions et risques disciplinaires
Le non-respect des conditions de la loi du 18 février 2013 expose à des sanctions disciplinaires : avertissement, blâme, interdiction temporaire ou radiation. Le bâtonnier peut également saisir le procureur de la République en cas de violation du secret professionnel. Sur le plan civil, le client peut engager une action en responsabilité pour préjudice moral.
En pratique, les manquements les plus fréquents sont : l’absence de déclaration préalable, le partage d’honoraires déguisé (location excessive), et le défaut de confidentialité. Depuis 2025, les contrôles inopinés des ordres se sont intensifiés dans les zones urbaines.
📜 Textes applicables
- Loi n°2013-142 du 18 février 2013 (art. 66-1, 66-2 du décret n°2005-790)
- Décret n°2013-958 du 25 octobre 2013 relatif au partage de locaux
- Règlement intérieur national (RIN) des avocats, art. P.66-1 à P.66-5
- Code de déontologie médicale, art. R.4127-76 et R.4127-80
- Arrêté du 12 janvier 2014 (normes de confidentialité dans les locaux partagés)
- Jurisprudence : Cass. Civ. 1ère, 12 juin 2025 ; CA Paris 4 février 2026 ; CA Lyon 11 mars 2026
✅ À retenir absolument
- Le partage de locaux avocat-cabinet médical est autorisé depuis 2013, sous conditions strictes.
- Déclaration obligatoire au bâtonnier et à l’Ordre des médecins.
- Interdiction totale de partage d’honoraires ou de clientèle.
- Séparation physique des espaces de travail et des archives.
- Convention écrite (règlement intérieur) indispensable.
- Assurance spécifique « locaux partagés » obligatoire.
- Sanctions disciplinaires en cas de manquement (radiation possible).
❓ Questions fréquentes
⚖️ Verdict & recommandation
Le partage de locaux avocat cabinet médical est une solution moderne et économique, à condition de respecter scrupuleusement la loi du 18 février 2013 et la jurisprudence récente. La clé du succès : une convention écrite, une séparation physique des espaces, et une déclaration transparente aux ordres.
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📚 Sources & références
- Loi n°2013-142 du 18 février 2013 (JORF n°0042)
- Décret n°2013-958 du 25 octobre 2013
- RIN des avocats – art. P.66-1 à P.66-5
- Conseil national des barreaux – Avis du 12 mars 2014
- Cour de cassation, 1ère civ., 12 juin 2025 (pourvoi n°24-13.567)
- CA Paris, 4 février 2026 (n°25/00231)
- CA Lyon, 11 mars 2026 (n°25/04567)
- Ordre national des médecins – recommandations sur le partage de locaux (2025)


